CHIRURGIE-MAIN-GRENOBLE
Docteur Sonia HUARD


La rhizarthrose
La rhizarthrose est l'arthrose de la base du pouce. C'est l'une des formes d'arthrose de la main les plus fréquentes, et elle peut rendre douloureuses des gestes du quotidien aussi simples que tenir un stylo, ouvrir un bocal ou tourner une clé. Le Dr Sonia HUARD, chirurgienne spécialiste de la main et du poignet à Grenoble, prend en charge la rhizarthrose à tous les stades, du traitement conservateur à la chirurgie ambulatoire à la Clinique Belledonne.
Cette page vous explique ce qu'est la rhizarthrose, comment reconnaître ses symptômes, à quel moment envisager une intervention, et quelles techniques chirurgicales sont proposées.
Qu'est-ce que la rhizarthrose du pouce ?
La rhizarthrose est une arthrose qui touche l'articulation trapézométacarpienne, c'est-à-dire la jointure entre l'os du pouce (premier métacarpien) et le trapèze, un petit os du poignet situé à la base du pouce.
Comme toute arthrose, elle correspond à une usure progressive du cartilage qui recouvre les surfaces osseuses de cette articulation. Lorsque le cartilage s'amincit, les os se retrouvent en contact direct, ce qui provoque douleur, inflammation et, avec le temps, une perte de mobilité et de force.
L'articulation trapézométacarpienne est l'une des plus sollicitées du membre supérieur : elle intervient dans presque tous les gestes de la main. C'est pourquoi la rhizarthrose peut rapidement devenir gênante dans la vie quotidienne.
Quels sont les symptômes ?
Les signes les plus typiques sont :
- une douleur à la base du pouce, souvent déclenchée ou aggravée par la pince (prendre un objet entre le pouce et l'index)
- une douleur au repos ou la nuit dans les formes évoluées
- un gonflement et une sensibilité au niveau de la base du pouce
- une perte de force de la pince, avec des difficultés pour serrer, pincer ou visser
- une crispation ou un craquement à la mobilisation du pouce
- dans les stades avancés, une déformation de la base du pouce avec subluxation de l'articulation (le pouce s'écarte en dehors) et une compensation par une hyperextension de l'articulation métacarpophalangienne
Ces symptômes s'installent souvent progressivement sur des mois ou des années. Si vous les reconnaissez, une consultation permet d'en évaluer le stade et d'envisager la prise en charge adaptée.
Qui est concerné ?
La rhizarthrose touche principalement les femmes après 50 ans, souvent en lien avec la ménopause. Elle peut cependant survenir plus tôt chez des personnes dont l'activité professionnelle ou de loisir sollicite intensément la pince (couturières, musiciens, artisans).
Certains facteurs favorisants sont identifiés :
- la ménopause et les modifications hormonales associées
- les antécédents de traumatisme à la base du pouce (entorse, fracture)
- une prédisposition anatomique ou familiale
- les métiers ou activités impliquant des mouvements répétitifs de pince ou de pincement
Il n'est pas rare que la rhizarthrose coexiste avec d'autres pathologies de la main, comme le syndrome du canal carpien.
Comment poser le diagnostic ?
La consultation avec le Dr HUARD commence par un interrogatoire et un examen clinique. Le test de la sonnette, qui consiste à comprimer l'articulation en rotation axiale, est caractéristique : il reproduit la douleur typique de la rhizarthrose.
Des radiographies du pouce et du poignet sont systématiquement réalisées. Elles permettent de confirmer le diagnostic, d'évaluer l'état du cartilage et des surfaces articulaires, et de classer le stade de l'arthrose selon la classification de Eaton et Littler. C'est ce bilan qui oriente le choix du traitement.
Traitement conservateur : orthèses, antalgiques et infiltrations
Dans les stades débutants à modérés, un traitement non chirurgical est proposé en première intention. Il vise à soulager la douleur et à maintenir la fonction du pouce.
Les antalgiques et anti-inflammatoires sont utiles pour calmer les poussées douloureuses. Ils ne modifient pas l'évolution de l'arthrose, mais améliorent le confort au quotidien.
L'orthèse de repos maintient le pouce dans une position stable et décharge l'articulation trapézométacarpienne, notamment la nuit. Elle peut apporter un soulagement significatif dans les formes douloureuses.
Les infiltrations de corticoïdes sont réalisées au cabinet ou sous guidage échographique. Elles permettent une amélioration, parfois durable, de la douleur et de la mobilité. Leur efficacité varie selon les patients et le stade de l'arthrose.
Ces traitements peuvent être associés et répétés. Si la douleur persiste malgré un traitement conservateur bien conduit, ou si le handicap fonctionnel devient important, la chirurgie peut être envisagée.
Quand envisager la chirurgie ?
La chirurgie de la rhizarthrose est proposée lorsque :
- la douleur persiste ou s'aggrave malgré un traitement conservateur bien suivi
- le handicap fonctionnel devient important dans la vie quotidienne ou professionnelle
- les radiographies montrent une destruction articulaire avancée
Le Dr HUARD adapte le choix de la technique à chaque patient, en tenant compte du stade radiologique, de la qualité osseuse, de l'activité et des attentes. Deux techniques principales sont proposées.
La prothèse trapézométacarpienne
La prothèse trapézométacarpienne remplace l'articulation usée par un implant. Elle préserve la longueur et la force de la colonne du pouce.
Cette technique est indiquée dans les formes avec une bonne qualité osseuse du trapèze. Elle est réalisée sous anesthésie locorégionale, en chirurgie ambulatoire à la Clinique Belledonne.
L'immobilisation est courte, de 2 à 3 semaines, puis une rééducation est nécessaire pour récupérer la mobilité et la force. Cette technique permet une reprise d'activité plus rapide que la trapézectomie.
Le Docteur HUARD la propose si elle est possible selon les résultats radiologiques. Une arthrose trop évoluée rend impossible la pose de prothèse.
En pré-opératoire, il faudra s'assurer de l'absence de foyer infectieux donc faire une visite chez le dentiste notamment
Le risque principal est lié aux phénomènes d’usure et de descellement comme pour toute prothèse.
En cas d’échec, un changement de prothèse, l’ablation de la prothèse et la réalisation d’une trapézectomie restent possibles.
La trapézectomie avec ou sans ligamentoplastie
La trapézectomie consiste à retirer l'os trapèze, source d'usure et de douleur. Elle peut être complétée par une ligamentoplastie, c'est-à-dire la reconstruction d'un ligament à partir d'une partie d'un tendon, pour stabiliser la colonne du pouce.
Cette technique est indiquée lorsque la qualité du trapèze est insuffisante pour recevoir une prothèse, ou dans les formes très évoluées. Elle est également réalisée en ambulatoire sous anesthésie locorégionale.
L'immobilisation est de 4 semaines, suivie d'une rééducation. La douleur est soulagée progressivement : une nette amélioration est généralement observée à partir de 6 mois. Il s'agit d'une intervention définitive, qui ne peut pas être reprise par la mise en place d'une prothèse ensuite.
La force de pince pouce-index est en général diminuée. Un raccourcissement du pouce peut se voir avec le temps.
Les résultats à long terme sur la douleur sont l'équivalent de la prothèse trapézométacarpienne.
Comment se déroule l'intervention ?
L'opération se déroule à la Clinique Belledonne à Saint-Martin-d'Hères, en chirurgie ambulatoire.
Avant l'opération :
Une consultation pré-anesthésique est obligatoire. Elle est réalisée par les anesthésistes de la Clinique Belledonne, que vous pouvez contacter via Doctolib. Vous devrez être à jeun, vous doucher avec un savon doux ou de la Bétadine, retirer tous vos bijoux et vernis à ongles, et vous présenter en vêtements propres.
L'anesthésie :
L'intervention est réalisée sous anesthésie locorégionale, administrée par un anesthésiste. Seul le bras opéré est endormi ; vous restez éveillé et n'avez pas conscience de l'opération elle-même.
L'intervention :
Selon la technique choisie, le Dr HUARD réalise soit la mise en place de la prothèse trapézométacarpienne, soit la trapézectomie avec ou sans ligamentoplastie. Dans les deux cas, l'intervention est réalisée sous vision directe, avec une attention particulière aux structures tendineuses, vasculaires et nerveuses de voisinage.
Après l'intervention :
Vous repartez avec une attelle ou un pansement de contention. Les soins infirmiers à domicile sont organisés en amont. Un rendez-vous de contrôle est fixé avec le Dr HUARD dès la consultation initiale.
Pour en savoir plus sur le déroulement général d'une intervention à la Clinique Belledonne, vous pouvez consulter la page dédiée au déroulement de l'opération.
Les suites opératoires et la récupération
La récupération après une chirurgie de la rhizarthrose demande du temps, plus long que pour d'autres interventions de la main. Le Dr HUARD vous accompagnera tout au long de cette période.
Mobilisation précoce :
Dès la fin de l'immobilisation, le Dr HUARD encourage une mobilisation active du pouce. La rééducation avec un kinésithérapeute spécialisé en chirurgie de la main est nécessaire dans les deux techniques pour récupérer la mobilité, la force et la précision de la pince.
Ce à quoi vous pouvez vous attendre :
- L'arrêt de travail est adapté à votre activité : quelques semaines pour un travail de bureau, plusieurs mois pour un travail physique sollicitant la main.
- La récupération fonctionnelle est progressive. En général au bout de 2 mois après prothèse la mobilité est normale, les douleurs très occasionnelles et on débute le travail de la force. Le résultat final est obtenu à 6 mois environ.
- Une rééducation est nécessaire dans les deux cas pour optimiser le résultat.
Le Dr HUARD vous remettra, sur demande, la liste de kinésithérapeutes spécialisés en chirurgie de la main à Grenoble.