top of page

La maladie de Dupuytren

La maladie de Dupuytren est une affection de la paume de la main qui entraîne progressivement la flexion permanente d'un ou plusieurs doigts. Si vous sentez une bosse ferme dans votre paume, ou si l'un de vos doigts commence à se replier vers la paume sans que vous puissiez le redresser, vous souffrez peut-être de la maladie de Dupuytren. Le Dr Sonia HUARD, chirurgienne spécialiste de la main à Grenoble, prend en charge cette pathologie par aponévrectomie en chirurgie ambulatoire à la Clinique Belledonne. Cette page vous explique ce qu'est la maladie de Dupuytren, comment la reconnaître, à quel moment envisager l'opération, et comment elle se déroule concrètement.

Qu'est-ce que c'est ?

Il s'agit d'un épaississement des fibres de la paume de la main aboutissant à une flexion progressive et irréductible d’un ou plusieurs doigts. Ce processus est lent et indolore dans la plupart des cas. Il n'atteint pas les os ni les articulations directement, mais en tirant les tendons vers la paume, il provoque une flexion que le patient ne peut plus corriger par lui-même. Il existe un facteur génétique.

Elle ne touche pas directement les tendons ou les nerfs mais s'enroulement autour d'eux ainsi que des vaisseaux rendant ma chirurgie délicate à confier à un spécialiste de la Main. Le Docteur Huard pratique usuellement cette chirurgie.

​

Quels sont les symptômes ?

Les premiers signes sont souvent discrets et s'installent sans douleur :

  • un nodule ferme dans la paume, parfois sensible à la pression

  • une corde sous la peau, perceptible sur le trajet d'un doigt

  • un doigt qui commence à se replier progressivement vers la paume

  • une difficulté croissante à poser la main à plat sur une table

  • une gêne lors de la préhension ou pour certains gestes du quotidien (serrer la main, enfiler un gant, tenir un verre)

La maladie évolue lentement. Entre les premières modifications cutanées et la gêne fonctionnelle réelle, il peut s'écouler plusieurs années. Une consultation permet d'évaluer le stade de la maladie et de décider du moment opportun pour une prise en charge.

​

​Qui est concerné ?

La maladie de Dupuytren est plus fréquente chez les hommes que chez les femmes, et apparaît généralement après 50 ans. Certains facteurs favorisent son développement :

  • des antécédents familiaux (la maladie est souvent héréditaire)

  • une origine d'Europe du Nord ou d'Europe de l'Ouest

  • un diabète, notamment traité à l'insuline

  • une consommation excessive d'alcool ou de tabac

  • une épilepsie traitée par certains anticonvulsivants

Des formes sans facteur de risque identifiable existent également. La maladie peut être bilatérale : les deux mains peuvent être touchées, à des degrés différents.

​

Comment évaluer la sévérité ?

La sévérité de la maladie de Dupuytren s'évalue principalement par la perte d'extension des doigts.  

La classification de Tubiana, utilisée en pratique clinique, décrit quatre stades en fonction de l'angle total de flexion des articulations touchées. Le traitement chirurgical est généralement envisagé à partir du stade II, c'est-à-dire lorsque la flexion cumulée dépasse 45 degrés et que la gêne fonctionnelle est réelle.

Aucun examen complémentaire (radio, IRM) n'est nécessaire pour poser le diagnostic ou décider du traitement. La décision est clinique, fondée sur l'examen de la main et le retentissement sur la vie quotidienne.

​

L'opération

L'opération se déroule en ambulatoire avec anesthésie loco-régionale.

L'aponévrectomie consiste à retirer les brides fibreuses pathologiques pour libérer les doigts et leur rendre leur mobilité. 

Le Dr HUARD propose souvent l'aponévrectomie plutôt que l'aponévrotomie à l'aiguille : les données disponibles dans la littérature suggèrent que le risque de récidive après aponévrectomie est nettement plus faible. Dans l'essai clinique randomisé de van Rijssen et al. (suivi à 5 ans), le taux de récidive constaté était de 84,9 % dans le groupe aponévrotomie percutanée, contre 20,9 % dans le groupe aponévrectomie. Une revue systématique récente portant sur 1 411 patients a retrouvé des résultats cohérents : taux de récidive de 16,5 % après aponévrectomie, contre 46,4 % après aponévrotomie à l'aiguille, avec un suivi moyen de 3,8 ans. Ces données (références bibliographiques en bas de page)  ne garantissent pas l'absence de récidive individuelle, mais elles fondent le choix du Dr HUARD pour une technique chirurgicale complète. 

Le Dr Sonia HUARD pratique une incision complète en zig-zag sur toute la longueur de la maladie permettant une visualisation directe des tendons, des nerfs et des vaisseaux grâce à des lunettes microchirurgicales. Cette approche réduit le risque de blessure des structures nobles tout en permettant une résection complète des brides.

Pour la fermeture, le Dr HUARD privilégie les petites plastiques cutanées ou les lambeaux, sauf impossibilité dans des formes évoluées, afin d'obtenir une fermeture complète de la plaie. Cette technique de fermeture réduit le risque de complications cicatricielles et favorise une meilleure récupération fonctionnelle par rapport à la technique dite "à ciel ouvert", où la plaie est laissée ouverte.

L'opération est réalisée en ambulatoire à la Clinique Belledonne : vous rentrez chez vous le jour même avec 15 jours de pansements.

En fin d'intervention l'extension complète du doigt est retrouvée de façon complète dans la majorité des cas.

La mobilisation précoce du doigt avec autorééducation +/-  rééducation et +/- orthèses selon le stade est ensuite nécessaire.

​

Ce à quoi vous pouvez vous attendre :​

  • La conduite automobile est généralement possible après quelques semaines, selon la main opérée, votre récupération et le type de véhicule.

  • L'arrêt de travail est adapté à votre activité professionnelle : de quelques semaines pour un travail de bureau, à davantage pour un travail physique ou de force.

  • La récidive est possible à long terme, quel que soit le traitement choisi. Une surveillance régulière est conseillée après l'opération.

​

Références bibliographiques

  1.  van Rijssen AL, ter Linden H, Werker PMN. Five-year results of a randomized clinical trial on treatment in Dupuytren's disease: percutaneous needle fasciotomy versus limited fasciectomy. Plast Reconstr Surg. 2012 Feb;129(2):469-477. doi: 10.1097/PRS.0b013e31823aea95. PMID: 21987045. Conclusion : essai clinique randomisé portant sur 115 mains (111 patients), suivi à 5 ans. Taux de récidive de 84,9 % dans le groupe aponévrotomie percutanée (needle fasciotomy) contre 20,9 % dans le groupe aponévrectomie limitée (limited fasciectomy). Premier essai randomisé à comparer les résultats à long terme des deux techniques.

  2.  Chen NC, Srinivasan RC, Shauver MJ, Chung KC. A systematic review of outcomes of fasciotomy, aponeurotomy, and collagenase treatments for Dupuytren's contracture. Hand (N Y). 2011 Sep;6(3):250-255. doi: 10.1007/s11552-011-9326-8. PMID: 22942847. PMCID: PMC3153627. Conclusion : revue systématique incluant les études de plus haut niveau de preuve disponibles. Taux de récidive après aponévrectomie (open partial fasciectomy) : 12-39 % (suivi moyen 1,5-7,3 ans). Taux de récidive après aponévrotomie à l'aiguille : 50-58 % (suivi moyen 3-5 ans). La différence est statistiquement significative (test de Kruskal-Wallis, p = 0,001).

  3. Nocek M, Wakefield D, Vitale MA. Likelihood of Dupuytren Contracture Recurrence After Limited Fasciectomy, Needle Aponeurotomy or Collagenase Clostridium histolyticum: Systematic Review of Prospective Data With 2- to 7-Year Follow-up. J Hand Surg Glob Online. 2026 May;8(3):100979. doi: 10.1016/j.jhsg.2026.100979. PMID: 41853763. PMCID: PMC12992953. Conclusion : revue systématique de données prospectives, 10 études retenues, 1 411 patients et 1 698 articulations traitées, suivi moyen 3,8 ans. Taux de récidive : aponévrectomie (limited fasciectomy) 16,5 %, collagénase 32,5 %, aponévrotomie à l'aiguille (needle aponeurotomy) 46,4 %. L'aponévrectomie présente le risque de récidive le plus faible parmi les trois techniques évaluées.

Quand opérer ?

bottom of page